Un règlement de 17,5 millions de dollars est intervenu à Terre-Neuve-et-Labrador en faveur de victimes du cancer du sein traitées de manière inadéquate en raison des erreurs commises par le laboratoire d'essais de Eastern Health. Le laboratoire était chargé de vérifier les niveaux d'hormones des patients, afin de déterminer le type de traitement à administrer. Une enquête publique sur les erreurs du laboratoire menée en 2007 s'était conclue par un rapport accablant sur la faiblesse des mesures de contrôle de la qualité en place. Le rapport avait aussi souligné des manquements à l'obligation de rendre compte et l'absence de freins et contrepoids à tous les niveaux du réseau provincial de la santé. Ces lacunes ont donné lieu à des résultats erronés et, par le fait même, à des traitements inadaptés. Dans certains cas, les patients victimes d'un diagnostic erroné avaient subi des traitements inutiles, telle la chimiothérapie, la radiothérapie ou une chirurgie, alors que des médicaments auraient suffi.
Une des patientes, Verna Doucette, chez qui on avait diagnostiqué un carcinome canalaire en mars 2002, s'était rendue au laboratoire d'Eastern Health pour la mesure de ses récepteurs d'estrogène et de progestérone. Les résultats des tests étant négatifs, elle avait dû se soumettre à des séances de chimiothérapie. Celles-ci ont provoqué la résurgence d'une ancienne infection tuberculeuse, qui a nécessité l'ablation d'un poumon. De nouveaux tests effectués en 2006 ont révélé que les résultats de 2002 étaient incorrects et que du Tamoxifen, au lieu de la chimiothérapie, aurait dû être prescrit à Mme Doucette.
En plus du règlement intervenu avec les autorités de la santé, les victimes pourront siéger à un comité établi pour surveiller la mise en oeuvre des recommandations résultant de l'enquête publique. Le règlement prévoit aussi des excuses publiques et la construction d'un mémorial. La directrice générale de la Eastern Regional Integrated Health Authority, Vickie Kaminski, a présenté des excuses lors d'une entrevue tenue peu après et reconnu que les « personnes inscrites au recours collectif . . . avaient subi un préjudice grave et que le règlement visait à réparer sincèrement le tort qui leur avait été causé. »
Le règlement fait suite à une médiation dirigée par l'ancien juge de la Cour supérieure de l'Ontario, George Adams. Il doit être homologué par la Cour suprême de Terre-Neuve-et-Labrador et la répartition des sommes entre les victimes sera déterminée à ce moment-là. On ignore les montants qui seront respectivement à la charge de la Eastern Health et de son assureur, Healthcare Insurance Reciprocal of Canada. |